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Jeudi 31 janvier 2013 4 31 /01 /Jan /2013 23:59

NAMM 2013  

Commençons par un anniversaire :  la Musical Instrument Digital Interface, connue sous son acronyme de MIDI, fête cette année ses 30 ans... Une petite interface DIN à cinq petites broches toute simple, mais qui aura révolutionné le monde de lutherie et de la musique dite "électronique" (au sens très large du terme). Rappelons qu'elle fut imaginée et mise au point par Dave Smith (papa aussi du légendaire Prophet 5, excusez du peu) dans un soucis d'harmonisation des communications entre les machines, et que la première démonstration fut faite au NAMM 1983 avec les deux premières machines équipées de base en MIDI, à savoir le Prophet 600 de Sequential Circuits et le JX3P de Roland...


30 ans ont passé donc, la norme MIDI est toujours là, indétronable... tout comme son génial géniteur ! Dave Smith a profité de ce NAMM 2013 pour présenter le nouveau synthé de sa firme Dave Smith Instruments, le Prophet 12, un magnifique clavier polyphonique... 12 voix avec, par voix, 4 oscillateurs (oui, 4 !!!) + 1 sub oscillateurs (le sub oscillateur est la grande tendance du moment, il semble...), filtre passe haut/ passe bas, délai intégré, de la modulation dans tous les sens et arpégiateur. Les plus de la bête : quatre traitements (appelés drive, hack, décimation, girth et air) qui viennent s'intercaler entre les oscillos et le filtre, et une paire de mini "ribbon controller" sensibles à la pression, destinés à contrôler en tant réel les paramètres que vous voulez,  et placés astucieusement au dessus des roues bender et modulation. Bref, un très, très bel instrument tant sur le papier qu'à l'écoute des premières démos qui circulent. Disponible un peu plus tard dans l'année pour 2999 de nos Euros - c'est cher, mais franchement, vu le niveau de qualité, de finition et les possibilités de l'engin, ça les vaut. Et c'est presque le prix d'un Minimoog Voyager qui est, lui, monophonique.


Moog, justement (habile transition, n'est ce pas ?), lance le Sub Phatty, une petite machine forcément 100 % analogique, avec 2 oscillateurs, 1 sub oscillateur (la tendance...) qui donne son nom à la bête,  le fameux filtre Moog avec multidrive, entrée/ sortie audio, Midi, USB, entrées CV/GATE, 31 boutons rotatifs pour contrôler le tout, 16 (seulement ?) emplacements mémoire pour stocker ses sons, et un 'chtit clavier de 25 touches, le tout pour environ 1000 Euros. Une machine quelque part entre le Little Phatty (plus grand) et le Minitaur (plus petit). Un concurrent du MiniBrute (qui a un sub-oscillateur...) des français Arturia, qui est beaucoup moins cher (et sonne très, très bien).


Arturia (je suis le roi de l’enchaînement), justement, revient avec un petit clavier maître tout mignon, le MiniLab, avec 25 mini touches, 16 encodeurs, 16 pads, USE et tout, pour 99 Euros, livré avec le fabuleux Analog Laboratory 2.0 et 5000 sons issus des autres produits Arturia (Mini V, SEM V, Prophet V, etc). Autre nouveauté, une déclinaison très sympa et pas chère de leur excellente boite à rythme / groovebox, la Spark LE qui, pour 249 Euros, propose une solution hybride hardware (le contrôleur avec les pads et les boutons, en version plus compact que sur le Spark original) et software (pour MAC/PC, autonome ou plug-in). Trois moteurs de synthèse (analogique virtuel, comme pour les synthés soft Arturia, modélisation physique et samples), 1500 sons de base, 100 kits... Encore une jolie réussite française, cocorico, enfilez vos marinières et à vos claviers.


Yamaha continue à décliner ses workstations avec les MX49 MX61, des déclinaisons de ses MOX6 et MOX8 de 2012, des claviers combinant synthé et interface audio, offrant une solution d'intégration parfaite en configuration MAO, d'autant plus que les machines sont vendues avec une version AI du Cubase de Steinberg (firme, qui, rappelons le appartient à Yamaha, on n'est jamais aussi bien servi que par soit même). Sinon, rien de bien neuf hormis une application appelée "Mobile Music Sequencer", un séquenceur avec générateur de son pour les iTrucs de la pomme croquée.


Pas de grosses annonces chez Roland, juste quelques évolutions de produits : de nouvelles interfaces Audio Capture, clavier arrangeur BK3, piano numériques HPi-50 et RD64. La seule réelle nouveauté, c'est le V-Combo VR-09 qui combine une section piano (dont un piano multiéchantillonné), une section orgue, et une section synthé, modélisés à la sauce SuperNatural de Roland (comme l'ndique le "V", pour "Virtual", qui qualifie toute le gamme des machines à modalisation, que ce soit les V-Drum, les V-Piano, les V-Amplis, les V-Guitar ou les V-Accordion), 7 effets simultanés, un enregistreur de boucles intégré (avec importation / exportation au format Wav), un clavier 61 notes, quelques boutons, des "drawbars" (tirettes in french) pour la partie orgue (comme sur les Hammond) et un éditeur gratuit pour iMachins de la firme à Steve Jobs.


Akaï lance notamment le MPX8, un petit instrument tout simple, composé de 8 pads qui permettent de déclencher des échantillons importés depuis une carte SD insérée dans le lecteur prévu à cet effet à l'arrière. L'engin, dont ni le prix ni la disponibilité n'étaient annoncés, est livré avec une bibliothèque de samples et un éditeur PC/MAC qui permet  de convertir des échantillons au format Akaï et de les mettre dans le MPX8 - qui dispose d'une interface MIDI et d'une USB. Si c'est vendu à très petit prix, ça peut être une bonne affaire.


Grosse actualité chez Korg durant ce NAMM. Tout d'abord, le KingKorg (bravo pour le nom !) a été dévoilé : un joli synthé basé sur la modélisation analogique (comme le MicroKorg et autres), avec une interface utilisateur hyper simple et dépouillée. 3 oscillos, un filtre plusieurs modes, vocoder, arpégiateur, 24 voix de polyphonie, 61 notes, 300 mémoires, bref, un jolie petite machine qui a des chances de bien se vendre si elle n'est pas chère. 

Autre nouveauté Korg, le WaveDrum Global Edition, une version orienté "percussions ethniques" du fameux et excellent pad de Korg, toujours basé non pas sur des samples, mais sur la modélisation physique ; 60 "modèles" (djembé, congas, tablas, udu, cajon, cloches, timbales...) sont ainsi proposés et jouables sur la surface du WaveDrum, véritable prouesse technologique... quiconque a déjà essayé a surement été bluffé par le rendu de la surface, très proche des peaux originales des tambours. 

Mais THE grosse annonce chez Korg, c'est, pour les 50 ans de la marque, la réédition d'un des synthés les plus emblématiques de la marque, peut être même le plus emblématique : le MS20, qui revient, conçu par les ingénieurs de l'époque, avec les mêmes composants analogiques que la version d'origine, le même système de patch, mais avec (modernitude oblige), une entrée MIDI et une interface USB. Autre différence, le clavier est un deux octaves à petites touches (comme sur le premier MicroKorg), ce qui fait que cette nouvelle version du MS20, appelée MS 20 Mini, a des proportions réduites de 14 %. A suivre de très prêt pour entendre si la bête sonne comme l'original... et à quel prix (dans les 600 Euros d'après les premières rumeurs).


Autre vieillerie qui ressort du passé, le Stylophone de Dubreq, ce petit synthé analogique "lo-fi" contrôlé par un clavier plat (3 octaves, jouable au doigt ou avec le stylet vendu avec), revient en version S2, plus moderne, avec 2 oscillateurs doublés de sub-oscillateurs (je ne voudrais pas donner l'impression de radoter mais...), filtre 12dB/octave, un LFO a 8 formes d'ondes, entrée audio... un petit synthé de poche, assez simpliste mais très "fun" et qui, sur les quelques démos qui circulent, sonne très bien. Le tout pour la petite bagatelle de 350 Euros environ.


Côté modulaires, la firme Pittsburgh Modular Synthesizer (située à... Pittsburgh) lance de beaux instruments : les systèmes Cell[48] et Cell[90]. Le système Cell[48]  se compose de trois systèmes (appelés judicieusement System 1System 2 et System 3), utilisables indépendamment, chacun avec des fonctions différentes : le System 1 ($ 600) est un véritable synthé indépendant (et pas très cher, pour le coup), le System 2 ($ 700) est un processeur d'effets, et le System 3 ($ 800) est un synthé plus élaboré capable de générer des sons complexes. Ils sont aussi combinales en un seul système, le Complete System, pour $ 2100. Le Cell[90] se présente  quant à lui sous la forme de deux instruments au format "desktop", eux aussi utilisables indépendamment ou combinés : le Foundation Desktop ($ 1700) , un synthé complet, et le Foundation Desktop Expander ($ 1400) qui, comme son nom l'indique, accroit les possibilités du modèle de base. Le système complet, Foundation Desktop Complete, est proposé à $ 3100. de beaux instruments, avec panel en acier brossé, flancs en bois, de des gros potards et un look qui rappelle un peu les modulaires Buchla.

 

En parlant de Buchla (encore une habile transition), et toujours côté vieillerie, mais du genre très, très rare, la firme américaine de Don Buchla (pour rappel, l'un des pionniers de la lutherie électronique, grand ami de feu Robert Moog) ressort le Music Easel. L'original,  qui date de 1973, était un synthé compact, entièrement modulaire, au format valise, avec un clavier plat sensitif et système de sauvegarde des paramètres sur des cartes mémoires, et le tout meilleur de la technologie Buchla. La version 2013 n'est ni plus ni moins qu'une réédition à l'identique de ce modèle mythique. Pas de date de sortie ni de prix, mais ça risque de coûter un bras. Et il n'est même pas sur qu'il y ait un sub-oscillateur. Je sais, je suis taquin...


Chaque NAMM a sa curiosité ; cette année (mais je crois que ça a déjà été présenté précédemment), c'est l'Alpha Sphere de Nu Desine, un contrôleur (donc un instrument sans son inclus dedans) qui se présente sous la forme d'une sphère parsemée de 48 pads ronds, sensibles à la pression, de trois tailles différentes, et qui permettent de déclencher ... un peu tout ce qu'on veut via MIDI. Etonnant, original et surement très ludique...

Par Aerozone - Publié dans : Studio
Mercredi 31 octobre 2012 3 31 /10 /Oct /2012 01:08

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L’original d’Oxygène (1976) commenté piste à piste par Jean Michel en anglais lors de l’émission radio norvégienne NRK P3 Lydverket. Vraiment très instructif ! Voici la transcription écrite du commentaire de Jean-Michel Jarre sur les trois parties d’Oxygène, qu’il a voulu un peu à la manière d’un director’s cut. Il y est notamment question des instruments utilisés, de l’ordre dans lequel il a composé l’album, et de ses contemporains.


Oxygène 1


Oxygène 1 a été fait après Oxygène 2. J’étais intéressé à l’époque en tant que méthode de composition, de ne pas commencer par le début, mais plutôt par le milieu de l’album. C’est un conseil que je donnerai à de jeunes compositeurs, parce que cela vous oblige à être très imaginatif, de commencer avec quelque chose qui corresponde à ce que vous vouliez faire. Un peu comme dans la Guerre des étoiles de George Lucas, où il a fait les trois épisodes après le milieu de l’histoire. 


Cela commence dans l’habillage le plus classique, au sens de la musique classique. C’est fait de cordes et de cet instrument très important pour moi appelé l’Eminent 310 U, et qui fait les plus beaux sons de cordes que l’on puisse imaginer, avec ce son si chaleureux. Oxygène 1 se déploie comme une sorte de symphonie ou de concerto, ou vous n’avez pas de percussion. D’ailleurs, quand nous avons commencé à jouer le morceau sur scène, nous devions utliser une partition de type orchestral, pour pouvoir coller les uns aux autres. Il n’y avait rien pour permettre de conserver le tempo : ni batterie, ni clic. Il doit être joué ainsi pour préserver son côté poétique.


Oxygène 2

Il a été la première partie que j’ai composée pour Oxygène. J’étais assez obsédé à ce moment-là de jouer en réaction aux groupes allemands de Kraftwerk et Tangerine Dream. Ces personnes avaient une approche froide, déshumanisée et robotique du monde de l’électronique. J’étais totalement à l’inverse de cela. Je voulais prouver cela avec Oxygène. Oxygène 2 possède une répétition de la ligne de basse et quelques séquences, mais tout est fait à la main. Il n’y a pas de patterns, pas de répétitions. En écoutant attentivement, vous vous rendrez compte qu’aucun son n’est automatiquement le même. Ils sont tous uniques. Il y a donc une vraie évolution, une progression analogique, comme dans la vie. Je voulais quelque chose qui puisse capturer les différents états d’âme que vous pouviez ressentir jour après jour. Chaque jour à Oslo est plus ou moins le même, mais il est aussi plus ou moins différent. C’est exactement ce que j’avais en tête pour Oxygène 2.


Oxygène 3


Oxygène 3 est la partie au caractère le plus dramatique de tout Oxygène. J’étais très influencé à cette époque par le film 2001, Odyssée de l’espace. Cette journée périlleuse à travers l’univers, et avoir ces clusters, ces grappes de sons dissonantes que j’ai obtenu sur mon Eminent en posant mon bras par-dessus. Il y avait ces glissandos étranges et tout ça, et j’ai rajouté ces parties vocales, comme dans la première partie, un peu comme une voix de soprano. Le premier synthétiseur de ma vie s’appelle l’AKS, le premier synthétiseur conçu par des ingénieurs anglais.
J’obtiens cette sorte d’ambiance quasi-opéra. En ce moment sur scène, je joue cette partie avec un Theremin. Le Theremin est cet instrument russe bizarre, qui fonctionne avec des ondes radio.  C’est plus difficile à jouer, mais c’est très intéressant pour la version live. 


Oxygène 4


Ensuite, nous arrivons à ce qui est devenu le titre-phare de l’album. Je l’ai vraiment composé en une seule nuit, d’une manière assez inconsciente. Ce n’était pas pour moi censé être un single, un hit, ou quelque chose de ce genre. Je voulais simplement avoir ce rythme comme si vous aviez passé un moment dans votre voiture. Aux sentiments éthérés des trois premières parties, je souhaitais quelque chose qui soit loin devant sur l’horizon, comme lorsque vous êtes sur une autoroute, à l’intérieur de votre voiture.


Oxygène 5


La partie 5 est intéressante dans sa construction, parce qu’elle possède deux sous-parties, une très lente et l’autre presque joué comme un solo, la partie la plus minimaliste de l’album. Dans la première partie, il n’y a qu’un seul Eminent encore une fois, mais il a été passé à travers un effet « flanger ». (NDLR : Le flanger est un effet sonore obtenu en additionnant au signal d’origine ce même signal mais légèrement désaccordé en fréquence, ce désaccord variant périodiquement à une fréquence très faible). C’est très particulier, qui donne des harmoniques semblables à des bulles de savon. Il y a une évolution jusqu’à la partie avec arpégiateur, qui était le seul arpégiateur à cette époque : le RMI. Il s’agit d’un instrument stéréo qui m’a permis pour la seule fois de l’album de caler deux séquences au même moment. Toutes les autres séquences ont été faites à la main. Comme j’ai eu cette opportunité, je l’ai utilisée, celle d’avoir l’arpégiateur avec deux sorties : l’une avec la séquence de basse, l’autre avec la séquence des percussions noises. 


Oxygène 6


Oxygène 6 est sans doute la préfiguration de tout ce que la musique lounge telle qu’elle est advenue plus tard. C’est une musique « ambiant », dans une façon très figurative avec ses bruits de vagues et d’oiseaux. Tout ceci a rapport à votre mémoire, à vos souvenirs, quand vous voyez des photographies de vos vacances, et qu’elle charrie toute sorte de sons, de musiques, de mots. Ce morceau, c’est un peu comme si l’océan entier rapportait la musique au rivage. Ce que j’aime dans cette partie, c’est que ce ne sont pas des vagues que j’ai enregistrées, mais que j’ai recréées.
Cela me rappelle ce que Federico Fellini, le cinéaste italien, disait un jour : "Si je dois filmer la plage ou la mer, je veux recréer la mer en studio avec des ventilateurs, de la peinture et des gens qui secouent des draps. Cela sera l’idée que je me fais de la mer, la manière dont je la vois en rêve, pas simplement la mer elle-même". J’aime beaucoup cette comparaison, parce que pour Oxygène 6, c’est exactement ce à quoi je pensais.

Par Aerozone - Publié dans : Studio
Dimanche 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 14:40

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Le setup du maître a toujours évolué au grès des nouveautés. 

Certes, il y a un certain nombre d'instruments qu'on retrouve (quasiment tous) sur tous les albums depuis le début : ARP 2600, EMS VCS3 et AKS, Eminent. On pourrait dire que le moment où le set up n'a presque pas bougé se situe dans la période Oxygène / Equinoxe, ou il s'est contenté de compléter sa collection avec des machines polyphoniques (Oberheim, Korg Polyphonic Ensemble et Yamaha CS60).
Mais pour le reste, Dieu merci, il a pas mal suivi les grandes étapes de l'évolution technologique de ces trois dernières décennies :
- le sampling avec le Fairlight CMI
- l'avènement du MIDI
- les premiers séquenceurs logiciels (Notator à l'époque)
- les machines les plus marquantes : Prophet 5, Synthex, D50 et JD800 de Roland, K2000 de Kurzweil
- les synthétiseurs virtuels : Arturia Minimoog V, Propellerheads Reason, Halion
- les synthétiseurs à modélisation : Nord Lead de Clavia, Supernova de Novation
- l'avènement de Pro Tools comme solution d'enregistrement.
- le retour aux bons vieux synthés analogiques.
Il a aussi utilisé des machines de second plan et des bizarreries, comme le DS 250 de Seiko, l'OSCar, l'Axcel de Technos, le Kawai K5, le Kobol de RSF (cocorico !) ou le RMI Harmonic Synthesizer, et des machines quasiment sans intérêt (par rapport à tout ce qu'il utilisait, s'entend) comme le JX8P ou le DX100.
Et puis, il est aussi passé à côté de deux grandes synthèse , à savoir la synthèse FM du Yamaha DX7 (qu'il a toujours détestée, contrairement à Brian Eno, par exemple) et les tables d'onde des synthés PPG (même s'il a possédé le MicroWave de Waldorf, sans jamais l'utiliser sur disque).
Par Aerozone - Publié dans : Studio
Mardi 31 juillet 2012 2 31 /07 /Juil /2012 23:59

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Voilà les informations concernant les classements des divers morceaux de Jean Michel Jarre sorti dans les années 80 et classés au Top 50 (qui compte plus de cinquante places) en France, classé
par ordre chronologique :

Les Chants Magnétiques (part 2) – Extrait de l’album Les Chants magnétiques
Entrée: 29 mai 1981
Meilleure place: n°7
Nombre de semaines dans le Top 50: 26 

Souvenir de Chine – Extrait de l’album Les Concerts en Chine
Entrée: 14 mai 1982
Meilleure place: n°7
Nombre de semaines dans le Top 50: 19  

Zoolook  – Extrait de l’album éponyme
Entrée: 9 décembre 1984
Meilleure place: n°57
Nombre de semaines dans le Top 50: 12

Quatrième Rendez-Vous  – Extrait de l’album Rendez-vous
Entrée: 10 mai 1986
Meilleure place: n°9
Nombre de semaines dans le Top 50: 40

Révolutions – Extrait de l’album Révolutions
Entrée: 9 octobre 1988
Meilleure place: n°36
Nombre de semaines dans le Top 50: 19

London Kid – Extrait de l’album Révolutions
Entrée: 30 avril 1989
Meilleure place: n°100
Nombre de semaines dans le Top 50: 1

Oxygène (part 4) – Extrait de l’album Oxygène
Entrée: 3 décembre 1989
Meilleure place: n°73
Nombre de semaines dans le Top 50: 3
Sources : http://www.infodisc.fr/Artistes.php / Merci à hélios pour cette info. 

Côté albums :

Oxygène 
Entrée: 11 février 1977
Meilleure place: n°1
Nombre de semaine n°1: 18
Nombre de semaine dans le Top 10: 37
Nombre de semaine dans le classement: 77
Nombre d’exemplaires: 1 776 000 (25ème meilleure vente française)

Equinoxe
Entrée: 7 octobre 1978
Meilleure place: n°2
Nombre de semaine dans le Top 10: 28
Nombre de semaine dans le classement: 99
Nombre d’exemplaires: 1 251 200 (87ème meilleure vente française au Top 1000) 

Les Chants Magnétiques
Entrée: 15 mai 1981
Meilleure place: n°1
Nombre de semaine n°1: 5
Nombre de semaine dans le Top 10: 17
Nombre de semaine dans le classement: 66
Nombre d’exemplaires: 364 000 (801ème meilleure vente française au Top 1000)

Rendez-vous
Entrée: 31 mai 1986
Meilleure place: n°1
Nombre de semaine n°1: 9
Nombre de semaine dans le Top 10: 39
Nombre de semaine dans le classement: 39
Nombre d’exemplaire: 844 400 (198ème meilleure vente française au Top 1000)

Révolutions
Entrée: 23 octobre 1988
Meilleure place: n°6
Nombre de semaine dans le Top 10: 10
Nombre de semaine dans le classement: 37
Nombre d’exemplaires: environ 200 000 (en tenant compte des certifications du SNEP)

En Attendant Cousteau
Entrée: 5 juillet 1990
Meilleure place: n°2
Nombre de semaine dans le Top 10: 11
Nombre de semaine dans le classement: 32
Nombre d’exemplaires: 316 000 (960ème meilleure vente française au Top 1000)

Chronologie 
Entrée: 13 juin 1993
Meilleure place: n°2
Nombre de semaine dans le Top 10: 11
Nombre de semaine dans le classement: 27
Nombre d’exemplaires: 427 200 (609ème meilleure vente française au Top 1000)

Oxygène 7-13
Entrée: 16 février 1997
Meilleure place: n°6
Nombre de semaine dans le Top 10: 5
Nombre de semaine dans le classement: 11

Métamorphoses 
Entrée: 30 janvier 2000
Meilleure place: n°7
Nombre de semaine dans le Top 10: 1
Nombre de semaine dans le classement: 5

Aero 
Entrée: 10 septembre 2004
Meilleure place: n°2
Nombre de semaine dans le Top 10: 3
Nombre de semaine dans le classement: 19
Nombre d’emplaires: environ 100 000 (en tenant compte des certifications du SNEP)

Téo & Téa
Meilleure place: n°8
Nombre de semaine dans le Top 10: 1
Nombre de semaine dans le classement: 12
Voilà à peu près toutes les informations disponibles qu’Hélios a recueilli. Qu’il lui soit rendu hommage ici.

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 09:00

 

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Si l’on veut comprendre la carrière de Jean-Michel Jarre, il est indispensable de faire un détour par ses deux années (1969 à 1971) au Groupe de Recherches Musicales (GRM). Il s’agit de l’ex-GRMC, qui est né la même année que Jean Michel, en 1948. Bon, évidemment, cela ne vous en dit pas plus.

Cet établissement s’inscrit dans le cadre du Conservatoire national de Paris, et a été créé par le polytechnicien Pierre Schaeffer (1910-1995). Le GRM, donc, a été créé en 1958 par ce père de la musique concrète et de la musique électro-acoustique, dans le but de produire et d’étudier des sons nouveaux, et naturellement, les préserver. Plus de 200 compositeurs sont issus des rangs de cette institution française de pointe qui accueille aussi des musiciens étrangers (notamment le grec Iannis Xenakis dès ses débuts). Des institutions semblables verront le jour par la suite dans les principaux pays européens (Allemagne, Italie, etc.). 

La première rencontre entre Jean Michel Jarre et Pierre Schaeffer se déroule en 1968, dans la maison de Radio-France. Il est tellement impressionné par cet homme qu’il n’a qu’une idée en tête : être au plus près de lui. Mais peu de gens sont admis au sein du GRM chaque année. Jean Michel passe néanmoins avec succès l’examen d’entrée du GRM en créant une musique à partir de bandes et de collages. C’est ainsi qu’à partir de janvier 1969, il intègre cette unité d’élite de la musique électro-acoustique, sous l’autorité de personnalités établies comme François Bayle(responsable du GRM en 1966) et Bernard Parmegiani (qui a intégré le GRM dès 1959).

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> Jarre découvre les synthétiseurs

Le jeune Jean Michel (21 ans) suit les cours d’électro-acoustique appliqué à l’audiovisuel, au milieu de non-musiciens, des philosophes, des scientifiques. Le nom exact de sa formation est « classe de musique électroacoustique fondamentale et appliquée à l’audio-visuel ». En 1968, les premiers synthétiseurs modulaires voit le jour, et seul une poignée d’organismes possède le gros engin, dont le GRM. Jarre va pouvoir découvrir les tous premiers synthétiseurs (Modular Moog de Robert Moog et Synthi VCS 3, d’EMS, mais aussi l’ARP 2500 et le Mellotron). Il est probable que son amour de ces instruments instables et délicats à manier s’installe ici. Jean Michel, dont on reconnaît rapidement les qualités de « musicien », va bénéficier de la faveur de pouvoir utiliser le studio des professeurs pour construire ses premières pièces musicales. D’où les collages à partir de bandes magnétiques, dont certaines peuvent mesurer plusieurs dizaines de mètres. 

 

 


> Un élève fantasque

 

Hélène Dreyfus, étudiante au GRM depuis septembre 1968, témoigne dans le numéro de Clavier Magazine de janvier 1990 de la singularité du jeune homme à cette époque :

Le musée de l’Homme nous avait confié un stock de bandes de musiques ethniques. En les recopiant, on les a écoutées. Jean Michel s’est passionné pour la voix plus que pour les instruments. On avait chacun notre stock de bandes, mais lui s’appropriait toujours les bandes de voix. On ne parlait pas en termes de notes, mais d’amas de sons, d’objets sonores. Il disséquait ces voix et a découvert une matière sonore nouvelle, bien avant qu’on ne parle de métissage, d’échantillonnage. Zoolook est la continuation de ce travail. (…)

Jean Michel a pris des années d’avance sur les autres au GRM. (…) On devait faire des compositions qui n’excède pas cinq à six minutes. La première fois que Jean-Michel a présenté une oeuvre, c’était superbe. Schaeffer a dit : « Mais vous composez comme votre père ! ». Il s’amusait à prendre les voix, à les mettre sur d’autres pistes, couper dans un son pour pouvoir l’intégrer dans un autre.

Jarre est un élève appliqué même si l’ambiance intello du Conservatoire ne lui convient pas, ce qu’il martèle régulièrement en interview depuis. Il croise dans les allées du GRM quelques très grands noms de la musique du XXème siècle : Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen (1928-2007) et Pierre Henry (né en 1927). Les cours sont davantage question de théorie que de pratique. Dernier élément de rebellion du révolutionnaire Jarre : un mépris certain pour les musiques orales (c’est-à-dire non écrites sur papier).

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> Travaux pratiques

La fin de son stage de fin d’études donne la possibilité à Jarre d’enregistrer sa première œuvre « Happiness is a sad song » (paru sur la compilation Essential and Rarities en 2011), qui sera utilisée à la MJC de Reims. Il enregistre Freedom Day avec le bluesman Samuel Hobo, s’amusant avec le VCS3. Puis partant, il improvise en toute clandestinité dans le studio 54 de Parmegiani avec le batteur Jean-Pierre Monleau ce qui deviendra ultérieurement le 45 tours Erosmachine / La Cage chez Pathé-Marconi, qui est très recherché par les collectionneurs. Jarre sort du Conservatoire en 1971. C’est aussi cette année-là que Schaeffer quitte la direction du GRM tout en y restant professeur jusqu’en 1980.

Jarre part terminer ce j’appelerai la période Pré-Oxygène, où quand l’avant-garde musicale part à la rencontre du grand public (publicités, génériques, etc.). Jean Michel rassemble d’ores et déjà de l’argent pour pouvoir garnir le minuscule studio qu’il a amenagé chez sa mère avec un matériel de fortune qu’il décrit lui-même comme du bricolage: « quelques générateurs, deux Revox, une petite console maison, un dispatching fait dans une boîte à chaussures, tout ce qu’il y a de plus concours lépine ! »

 

Lire aussi : le site actuel du Groupe de Recherche Musicale (GRM)

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